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Une Rencontre, de Lisa Azuelos

Dans une fête organisée par un ami commun, Pierre et Elsa se rencontrent. Il est marié, a deux enfants. Elle est fraîchement divorcée et élève 3 adolescents. Ce qui aurait pu être une rencontre totalement insignifiante se révèle finalement un tourbillon qui les surprend et les éblouit. Une alchimie singulière se dégage de leurs échanges. Leurs yeux brillent de ce trouble qui les fauchent en même temps, ils rient, tout semble si logique, si naturel entre eux. Pourtant, rien n’est possible. Pierre est non seulement marié, mais il est également … heureux. Il aime sa femme depuis 15 ans, aime sa vie d’avocat pénaliste, ses enfants, et tout ce qu’il a pris le temps de construire jusqu’ici. Il est satisfait de ce qu’il a, il ne recherche pas le frisson, ni quoique ce soit d’autre. Elsa, de son côté, se refuse à se lancer dans une aventure avec un homme marié, cela va à l’encontre de ses principes. Elle ne veut pas d’une demie relation, elle ne veut pas être la deuxième femme, ni briser un mariage, et encore moins qu’on lui manque de respect en lui faisant des promesses intenables. Alors, même si leur rencontre est un bouleversement, ils font comme si de rien. Chacun reprend son chemin. Avec encore en tête l’image saisissante de l’autre. Et la multitude d’autres possibles auquel ils ont préféré tourner le dos. Le reste, il faut aller voir le film pour le connaître.😉

Je vous conseille vivement d’aller le voir, car il est plein de poésie, de petits riens, de sensations troublantes, de légèreté et de questionnements aussi. Cette problématique de « l’autre vie », cette vie différente qui aurait été nôtre si nous avions fait d’autres choix, partagé la vie de quelqu’un d’autre, suivi un autre chemin, est omniprésente … Le scénario nous interroge sur notre capacité à nous satisfaire de ce que nous avons, sur l’idée du fantasme (qui l’est parce qu’il paraît -parfois à tort- inaccessible), sur tous les possibles auxquels nous fermons la porte rien qu’en faisant nos propres choix.

Il questionne également sur l’amour, l’amour sincère et unique que nous pouvons avoir pour plusieurs personnes, l’amour qui change, qui grandit, qui parfois s’essouffle, l’amour qui fait mal, l’amour qui rassure, l’amour qui angoisse. Quelle place donner à un amour qui nous prend par surprise, qui n’aurait pas dû exister, qui vient tout bouleverser ? Faut-il le vivre pleinement, quitte à tout perdre ? Faut-il continuer à le faire vivre dans notre imaginaire et le laisser nous bouleverser à l’infini ? Faut-il faire taire ses sentiments et l’oublier coûte que coûte ?

Une Rencontre donne une réponse à ces questions, à chacun de se faire son idée …

En passant

8 conseils aux futurs parents !

Quand on s’apprête à devenir parents, on entend mille choses contradictoires, et on ne sait plus à quel sein (😀 )  se vouer. Voilà 8 conseils pour appréhender ce nouveau rôle avec le sourire ! 

1) Vous en ferez vite les frais : quand vous devenez parents, tout le monde a un avis sur votre façon d’éduquer vos enfants. Attention aux personnes (pourtant bien intentionnées) qui vous expliqueront en long en large et en travers comment vous devez faire avec votre enfant, qui vous donneront des conseils même lorsque vous n’en demandez pas, qui penseront détenir l’unique vérité sur l’éducation et compteront vous l’apprendre avec beaucoup de générosité. Fuyez-les comme la peste ! Ou, si ce n’est pas possible, sachez prendre du recul sur le discours de ces personnes, n’hésitez pas à prendre ce qui vous semble bon et judicieux dedans, et à laisser ce qui ne vous correspond pas, tout en disant « oui oui » avec un sourire poli. Préparez-vous cependant à cette idée que les nouveaux parents passent d’un coup dans le domaine public et que tout le monde se mêle de votre façon de gérer vos enfants. Il va falloir faire avec !😛

2) Devenir parents, ça s’apprend !😉 Et comme beaucoup de choses, ça s’apprend sur le tas, en faisant, en mettant les mains dans le cambouis ! Au début, en tant que nouveaux parents, nous tâtonnons. Nous essayons des choses, nous nous trompons, nous réessayons, nous découvrons notre enfant aussi ! Et il n’y a aucun mal à ça, c’est dans l’ordre des choses. Donc, aucune honte à avoir, nous sommes tous passé par là !  N’ayez pas peur de vous tromper, de mal faire, d’être imparfaits ! Vous apprendrez de vos erreurs et deviendrez de meilleurs parents. Et pas de doute que très rapidement, vous deviendrez les personnes les mieux placées pour parler de votre enfant, connaître son fonctionnement et ses besoins. Ce qui m’amène au point suivant …

3) Faites vous confiance, c’est indispensable ! ;-) Car comme dit plus haut, vous entendrez certainement des choses remettant en cause vos façons de faire, vos idées, vos principes … Et si parfois il est effectivement bon de se remettre en question, parfois il est aussi très important de rester fidèle à ce en quoi on croit. Partez du principe que vous savez ce que vous faites, vous êtes la personne la plus apte à vous occuper de votre enfant, et à savoir ce qui est bon pour lui. Tant pis si le voisin, la tante Agathe ou la boulangère ne sont pas d’accord avec votre façon de faire, le principal c’est que vous sachiez que vous êtes capables de vous occuper de votre enfant aussi bien -si ce n’est mieux !- que n’importe qui d’autre. Ne doutez pas de ça ! Plus vous aurez confiance en vos qualités de parents, moins les gens vous déstabiliseront avec leurs critiques déguisées.

4) Devenir parents va vous demander d’approfondir une compétence primordiale : l’adaptation ! Il va falloir vous adapter à des situations diverses, mais surtout à votre enfant qui est en perpétuelle évolution. Son développement vous apportera son lot de nouveautés quotidiennes, certes enthousiasmantes, mais des nouveautés qui poseront des problématiques toutes neuves aussi. Sachez accompagner votre enfant à son rythme, et vous adapter à ses besoins changeants. Soyez à l’écoute de votre bébé, de ce qu’il tente de vous dire à travers ses mots, ses gestes, son regard. S’il vous sent réceptif à son évolution naturelle, s’il sent que vous l’encouragez parce que vous croyez en lui, sans lui imposer de résultats performants, il ne sera que plus épanoui de grandir et de progresser à vos côtés.

5) N’hésitez pas à vous entourer de personnes bienveillantes. 🙂 Des personnes qui n’auront pas 50 conseils à vous offrir mais de l’écoute et du soutien en cas de nécessité. Nous avons tous besoin de personnes-ressources, à un moment ou à un autre. Une personne à appeler quand la journée a été mauvaise, une épaule sur laquelle pleurer quand rien ne va, des expériences à échanger pour voir qu’on n’est pas tout(e) seul(e) à vivre ça … Pour cela, renseignez-vous sur les associations de parents dans votre région. N’hésitez pas à rencontrer d’autres parents dans des endroits dédiés : à la ludothèque, dans des cafés-poussettes, au parc, à des temps de discussion organisés dans des structures petite enfance, à échanger sur des forums … Devenir parent est un chamboulement tel que nous avons bien besoin de personnes à l’écoute et compréhensives à nos côtés, des personnes qui sont passées par là et qui sont à même de soutenir et d’encourager les autres.

6)  N’oubliez pas de vous dégager du temps ! Du temps pour vous, pour vous aérer, mais aussi pour votre couple. Pas facile les tous premiers mois, c’est certain, mais ça devient très vite indispensable pour trouver un équilibre dans votre vie familiale. Une sortie au ciné, un resto, quelques heures à flâner en ville ou à arpenter les boutiques … C’est trop important de se retrouver soi-même après la naissance d’un enfant. Tout est bouleversé et le temps pour soi est réduit à peau de chagrin … Alors se changer les idées et couper avec la routine quotidienne peut vraiment faire la différence. Faites appel à vos familles respectives pour cela, ou si elles sont trop loin, à une amie, une baby-sitter, la halte-garderie du coin … Bref, trouvez une personne de confiance qui saura prendre soin de votre enfant pendant que vous soufflez un peu. Attention à vraiment prendre ce temps pour vous, et à ne pas l’utiliser pour faire les courses ou le ménage, c’est de la triche, ça ne compte pas !😉

7) A chaque période délicate, dites-vous bien que ce n’est que passager ! Vous savez, ce moment où vous n’en pouvez littéralement plus parce que votre bébé est malade / fait ses dents / a des coliques / est de mauvaise humeur / hurle pour un rien / teste vos limites en plein terrible two (ajoutez les mentions utiles), oui disons-le clairement, ce moment de torture parentale : et bien il ne durera pas  !! Les périodes difficiles sont compliquées à vivre, la fatigue n’aide pas, l’impression que ça ne se finira jamais est omniprésente … Mais promis, ça passe ! Ça finit toujours par passer ! Et avec le recul, même si vous vous êtes sentis à bout plus d’une fois, vous avez réussi malgré tout à dépasser ça et à survivre à ces moments pénibles. Il y en aura d’autres, c’est sûr, mais ils passeront comme les autres ! Prenez votre mal en patience, respirez, et lâchez prise : c’est déjà plus facile quand on se dit que ça ne durera pas éternellement tout ça, non ?

8) Surtout, n’oubliez pas de pro-fi-ter ! 😉  Evidemment il y a des moments vraiment difficiles comme ceux évoqués ci-dessus, des moments de burn-out,  de détresse, d’immense fatigue, et c’est compliqué de « profiter » dans ces cas-là … Mais il y a aussi des moments de grâce, des sourires, des rires en cascade, des moments partagés, qui valent tout l’or du monde. Et ces moments-là, c’est important de les savourer, d’en prendre conscience, de les vivre intensément. Réussir à être attentif et complètement là, et pas perdu dans la planification du futur repas à préparer, de la lessive à lancer ou du rendez-vous du lendemain chez le kiné … Juste vous délecter de l’instant présent. Parce que même si on le dit souvent et que ça a tendance à perdre de son sens à force d’être rabâché : ça passe vite, ça passe vraiment vite. Et demain votre tout petit bébé marchera, parlera, ira à l’école … Et si vous ne voulez pas vous retourner sans rien avoir vu passer, n’oubliez pas de vous arrêter quelques secondes chaque jour, et de simplement apprécier ce que vous vivez, là, en cet instant précis …

A lire et à relire sans modération quand le moral frôle le niveau du sol !😉

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Entre leurs mains

Ce film de Céline Darmayan parle de l’accouchement à domicile et du travail des sages-femmes dans l’accompagnement à la naissance. Il éclaire d’un regard nouveau la pratique encore trop méconnue de l’accouchement à domicile.

Que nous soyons favorables ou non à celle-ci, intéressés par les problématiques d’un accouchement naturel ou non, ce film est d’utilité publique car il met sous les projecteurs une profession dont nous savons bien peu de choses finalement. Nous y côtoyons le combat des sages-femmes pour défendre l’accouchement à domicile, en péril à l’heure actuelle. En effet, les sages-femmes se voient obligées depuis plusieurs mois par le Conseil de l’Ordre de souscrire à une assurance pour les accouchements à domicile, assurance équivalente à leur salaire annuel, qu’elles ne peuvent donc pas payer. L’accouchement à domicile n’est donc pas interdit à l’heure actuelle en France, mais est impraticable légalement parlant. Les sages-femmes qui accompagneraient l’AAD sans assurance seraient passibles de radiation et d’une amende de 45 000€. L’hypocrisie ambiante autour de ce problème est donc bien réelle. Mais Entre leurs mains ne parle pas seulement de l’accouchement à domicile, mais surtout de la liberté offerte aux femmes d’accoucher de la façon dont elles le souhaitent (à domicile, ou bien en structure hospitalière). Cette liberté mérite d’être entendue et respectée.

Dans le film, on suit quatre sages-femmes, Muriel, Jacqueline, Sidonie et Cécile, qui accompagnent de leurs conseils et de leurs bienveillance des femmes, des couples qui ont choisi d’accoucher à leur domicile. Nous sommes témoins des liens qui se créent entre sage-femmes et patientes, de la confiance qui s’instaure, de l’écoute très humaine dont font preuve les maïeuticiennes, de l’accompagnement prévenant qu’elles proposent. Et nous pouvons comprendre aisément à travers ce tableau, les revendications des sages-femmes face à l’AAD, mais aussi celles concernant la reconnaissance de leur métier et l’obtention d’un statut semblable à celui des médecins (à l’heure actuelle, elles sont considérées comme des « paramédicales »). En grève depuis le 16 octobre, elles demandent à être considérées comme « praticien de premier recours » lors de la grossesse et du suivi gynécologique, mettant en avant leurs 5 années d’études, à juste titre.

Entre leurs mains a été diffusé sur Public Sénat à plusieurs reprises, en version courte, sur lequel il est visionnable en replay. Il existe une version longue, diffusée dans différents cinémas, en Suisse et dans toute la France. Pour connaître les passages dans votre région, rendez-vous ici. N’hésitez pas à aller voir ce film, et à diffuser l’information autour de vous. C’est un très beau film, plein d’émotions et de justesse, qui mérite qu’on fasse parler de lui à bien des niveaux.

Et si vous êtes encore sceptique, jetez un coup d’oeil à la bande-annonce pour achever de vous convaincre :

Citation

Helena Costa, première entraîneuse d’une équipe de foot professionnelle en France !

C’est une grande première dans le milieu du football français : Helena Costa, portugaise de 36 ans, a été nommée entraîneuse du Clermont Foot 63, en ligue 2. Une nouvelle réjouissante, qu’on pourrait malgré tout tempéré d’un « C’est pas trop tôt ! ».

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Dans cet environnement assez masculin qu’est le football, l’arrivée d’une femme au poste d’entraîneuse est assez surprenant, mais néanmoins encourageant en terme d’égalité homme-femme dans la sphère professionnelle. Najat Belkacem, Ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, a salué cette initiative hier sur twitter :

En France, rares sont les exemples d’entraîneuses, tous sports confondus. Quelques antécédents, cependant, laissent à penser que les moeurs évoluent, fort heureusement ! Depuis novembre 2013, Audrey Zitter est coach du club de rugby à XIII des Diables Rouges de Montpellier. Début 2014, la Roumaine Elena Groposila est devenue entraîneuse de l’équipe de handball de Dijon, en D1.

Même si la nomination d’Helena Costa a créée le buzz en ce mercredi 7 mai, il est certain qu’elle n’est pas arrivée là par hasard et que son parcours et son travail lui ont permis d’être choisie comme entraîneuse aujourd’hui. Elle est titulaire d’un Doctorat en Sciences du Sport et Education physique de l’université de Lisbonne, et elle est passée par la formation de Benfica. Elle a commandé les équipes féminines de Olivedas, a été recruteur pour le Celtic Glasgow, et choisie pour les sélections de l’Iran et du Qatar. Une expérience certes féminine, qui met en lumière un nouveau challenge avec le Clermont Foot : entraîner une équipe d’hommes ! Les joueurs semblent enthousiastes et curieux à cette idée. La présidente de l’association de supporters, Véronique Soulier, a déclaré au Parisien.fr : « En tant que femme, en tout cas, ça fait plaisir. On se disait tous qu’une femme à la tête d’un groupe d’hommes, ça ne ferait pas de mal. »

Inévitablement, dans les mois à venir, les regards vont être tournés vers Helena Costa, le Clermont Foot, et les résultats de l’équipe. Nous ne pouvons que souhaiter qu’Helena Costa mène à bien sa mission et ouvre la porte à de nombreuses autres femmes dans le domaine du football français, et dans d’autres sports.

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Une tétine connectée qui calcule la température de son enfant

Voilà une nouveauté qui va révolutionner le monde des parents : la tétine Pacifi va mesurer la température de l’enfant et envoyer les informations au smartphone ou à la tablette de ses parents.

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Fabriquée par BlueMaestro, la tétine Pacifi fonctionne sous iOS et Androïd, à l’aide d’une application gratuite. L’idée est de surveiller l’évolution de la température de son chérubin, et d’agir en conséquence ; l’application enregistre également les heures de prises de médicament, pratique ! Comment ça marche ? Via Bluetooth 4, grâce à un capteur, la tétine transmet au téléphone les informations relatives à la température de l’enfant sous forme de graphiques, dans un rayon maximum de 50 mètres. Ces données peuvent aussi être partagées avec le médecin. Bonne nouvelle : cette tétine dispose d’un avertisseur sonore pour la retrouver plus facilement en cas de perte. Finies les recherches à quatre pattes sous tous les meubles pour retrouver la fugueuse !

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Et pour le côté pratique, cette tétine passe au lave-vaisselle. L’exposition aux ondes est réduite puisque la tétine ne se connecte au smartphone que pour transférer les données. Elle sera vendue aux alentours de 25€ dès cet été.

Source : Bluemaestro.com

Remember me

Il y a des films qui nous attirent, comme ça, qu’on a envie de découvrir avant même de voir la bande-annonce, juste en prenant connaissance du casting, ou en passant devant l’affiche du film dans le métro. On sait d’avance qu’on aimera, on a ce pressentiment entêtant, et on a envie de vérifier qu’on ne s’est pas trompé !

Et pour Remember me, ça n’a pas loupé !! Ça n’était pas ce à quoi je m’attendais en fait, mais ça m’a beaucoup plu, et complètement emportée pendant presque 2h ! Ce n’est pas une comédie romantique, on en est loin même. Ça tire plutôt du côté des films indépendants au niveau de l’état d’esprit je trouve, et ça tient plus du drame qu’autre chose. Remember me donne l’occasion à Robert Pattinson de faire ses preuves et de montrer qu’il n’est pas un acteur mono-expressif , et c’est une très bonne chose !! Le couple qu’il forme avec Emilie De Ravin est touchant et sonne juste, et j’ai aimé découvrir la jolie Claire de Lost dans un autre rôle.

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Les personnages secondaires sont également formidables, je pense à Pierce Brosnan en père trop peu présent, et à l’adorable Ruby Jerins  en petite soeur surdouée ! Ces histoires de famille, ces blessures et ces fêlures qui hantent les personnages de l’histoire font de Remember me un film bouleversant, pudique, inattendu. La relation que Tyler (Robert Pattinson) entretient avec sa petite soeur est magnifique, très poignante, et joliment évoquée.
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L’histoire, c’est celle de Tyler, jeune homme un peu paumé qui n’a pas vraiment de but dans la vie. Il est protecteur, indiscipliné, en colère, blessé. Un jour, il se fait bousculer par un policier, et poussé par un ami, il décide de se venger en séduisant la fille dudit policier. Commence alors une véritable histoire d’amour entre lui et Ally, qu’il n’avait évidemment pas prévu. Ces deux êtres fragiles et violentés par la vie vont se retrouver attirés l’un vers l’autre et partager leur passé, plus semblable qu’il n’y paraît. Si le résumé n’a à première vue rien d’exceptionnel, la façon de le traiter et l’aboutissement de l’histoire sont une vraie réussite !

Je me suis laissée porter et surprendre par le film, du début à la fin, et je n’en ai été que plus émue !!

Le film raconte à différents moments la fragilité de la condition humaine, et nous met régulièrement devant le fait accompli que notre vie est bien peu de choses. J’ai trouvé qu’il évitait les clichés, les facilités, qu’il parlait de la vie brute, comme elle est, comme nous la vivons. Et c’est en ça que ce film est déstabilisant et bouleversant : il parle de choses ancrées dans la réalité, de difficultés qu’on combat tous à différents niveaux,  des traumatismes du passé qu’on traîne les uns et les autres, d’histoires universelles vécues d’un point de vue personnel.

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Dans le rôle torturé de Tyler qui est impulsif, coléreux, fougueux, et qui a ce comportement rebelle de la jeunesse et des idéaux pour lesquels on se bat, Robert Pattinson nous montre qu’il n’est pas qu’un acteur à midinettes, mais bien plus que ça.

Pour moi, c’est un très beau film, dans lequel on se fait entraîner malgré soi, et dont on ressort bouleversé, bluffé, vaincu. Et parfois, ça fait du bien de bousculer ses propres a priori et de se laisser surprendre !
Remember me, de Allen Coulter
Film sorti en 2010

Le collectionneur esseulé

« Schkling, schkling » font les pièces en heurtant le fond de ton corps froid, brut, dur. Ce corps gris, inerte, qui traverse les années et en garde les marques, les altérations, les traumatismes, et qui renferme, pourtant, bien caché, un trésor. Collecteur, tu récoltes les piécettes des gens de passage, et leur donnes généreusement en retour un ticket minuscule, qu’ils garderont précieusement une heure ou deux, avant de le jeter sans ménagement ni regret. Tu prends, tu donnes, tu prends, tu donnes. Mais que gagnes-tu vraiment ? Ton intérêt est contesté, tu es le sujet de nombreuses protestations, tu subis régulièrement des dégradations, des violations. Tu es mal-aimé, solitaire côtoyant des milliers de personnes quotidiennement, objet qu’on utilise contraint et forcé, mais jamais par plaisir.

Personne ne te montre de reconnaissance, ton utilité apparaît comme une servitude à tous ceux qui font appel à tes services. Il faut dire que tu es minutieux, le temps est ton premier outil, et tu t’en sers avec une précision rigoureuse. Chaque seconde compte pour toi. Soit, tu ne pénalises pas, tu laisses d’autres, au nom de fleurs, le faire à ta place. Mais tu montres du doigt les mauvais élèves qui n’ont pas pris le temps de venir te voir, et cela fait de toi un délateur. Ainsi, tu es le pire ennemi des désobéissants, des tête-en-l’air, et des pauvres.

Les gens sont contents quand il n’ont pas besoin de faire appel à toi, et te tolèrent beaucoup mieux les jours fériés, ou dans la touffeur du mois d’août. Pendant ces périodes, tu subis le chômage technique, pauvre de toi. Tes boutons rouge et vert se retrouvent à l’abandon, et l’encre de tes tickets s’assèchent. Tes fentes restent vides. Ta machinerie s’encrasse de rouille …

La menace de l’amende ou de la fourrière que tu laisses traîner n’aide probablement pas à ta popularité. Il faut dire que tu ne fais aucun effort du point de vue de l’accueil ! Un maigre « Bonjour » et un ironique « A bientôt » affichés sur ton écran, en début et fin de transaction, si peu spontanés, ne donnent pas franchement envie de te rendre visite ; tu manques singulièrement d’empathie, sans parler de générosité …

Je suis au regret de te dire que non, tu n’es décidément pas fait pour te faire des amis !

Exercice d’écriture réalisé pendant un stage « Oser écrire » d’Aleph Ecriture, dont le thème était « parler d’un objet du quotidien » (ici, un parcmètre, comme vous l’aurez deviné) .